Nicolas Daubanes

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Performances

Cosa mangiare

Nicolas Daubanes réalise des recettes collectées oralement auprès de détenus, expérimentées à leur côté, puis écrites pour en fixer la mémoire. Ces recettes leur permettent de cuisiner avec les ingrédients limités auxquels il leur est possible d’accéder dans le cadre pénitentiaire par le biais d’un « bon de cantine ». Bien plus que de simples recettes de cuisine, ces expérimentations culinaires racontent la manière dont les personnes détenues occupent leurs temps, l’espace de leurs cellules et réveillent des souvenirs de repas de famille. Cuisiner en cellule, c’est d’abord refuser de manger « la gamelle », c’est aussi résister.

Ce projet s’active sous forme de repas collectif

Texte de Sergueï Wolkonsky à propos de "Cosa mangiare"

Ces menues victoires ... from Nicolas Daubanes on Vimeo.

"Dans le cadre du programme Culture/Justice, porté par la DRAC Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Nicolas Daubanes entame en 2015 une série d’ateliers à la Maison d’Arrêt de Montauban, coordonnée par La cuisine, centre d’art et de design de Nègrepelisse. L’artiste y a traité la question de l’enfermement à travers le prisme de la nourriture, interrogeant les rapports sociologiques qui se tissent autour de l’alimentation. En prison, le principe du « bon de cantine » permet aux détenus d’acquérir de la nourriture complémentaire et des ingrédients de cuisine, améliorant ainsi leurs conditions matérielles d’incarcération. Secondé par l’enseignante Bénédicte Faury et avec l’intervention du cuisinier Pascal Boursier, Nicolas Daubanes a proposé aux détenus d’utiliser leurs « bons de cantine » comme un marché de matières premières. Les aliments, détournés et transformés, leur ont permis de travailler à l’écriture et à la réalisation de nouvelles recettes lors d’un atelier de cuisine.

L’atelier sollicite la participation active des détenus. C’est eux qui apporteront la dizaine de recettes réunie dans un livret – objet mis en page par le duo de graphistes Rovo, singeant les fiches administratives de la Pénitencière. Moins qu’un livre de recette, l’ouvrage traduit en creux, à travers le geste apparemment simple de se faire à manger, toute la complexité d’un quotidien marqué par les restrictions dues à l’enfermement. Y baigne une énergie et une débrouille pour dépasser le cadre restreint de la prison et rétablir, dans un contexte où le temps n’a pas de valeur, une forme vitale de sociabilité, un plaisir du repas confectionné et partagé.

Cosa mangiare, « que manger » en italien, s’intéresse moins au contenu des recettes glanées en prison, qu’aux processus humains et techniques mis en œuvre pour les réaliser. Partant de ce constat, la restitution de ce projet au cœur des Fourneaux de La cuisine, souhaite prendre une forme furtive et dynamique, à mi-chemin de l’atelier, de la conférence et de l’exposition. Alors, Cosa mangiare ?

Projet coordonné par La cuisine, centre d’art et de design de Nègrepelisse dans le cadre du programme Culture/Justice, avec le soutien de la DRAC Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, la Maison d’Arrêt de Montauban, l’ULE (Unité Locale d’Enseignement) et le SPIP 82 (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation)."

La cuisine, centre d’art et de design

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Gâteau Beausoleil
Baptisé "Beausoleil" Par les détenus de la maison d’arrêt de Montauban, ce gâteau porte le même nom que le quartier dans lequel est implantée la prison.

Edition "Cosa mangiare"

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Cosa Mangiare
Edition : La cuisine, centre d’art et de design, conception graphique : Rovo. 500 exemplaires.

Photographies : Rovo, Pablo Garcia

© Nicolas Daubanes